法语助手
2024-11-27
Quand je me rends à Berlin en vacances avec mes 2 fils,
nous avons un péché mignon, qui est aussi celui des étudiants sans le sou,
des managers pressés, des mères de familles bontins et même des skinheads affamés.
Le döner kebab, bon petit snack d'environ 615 calories,
que toute l'Allemagne dévore, était comme hiver,
en format mini ou XL.
Le döner kebab, donc, plat d'origine turque devenu patrimoine national,
bien plus que n'importe quel currywurst,
rote grütze ou gâteau forain noir.
En turc, dönmek veut dire tourner, kebab ou kabab, grillade.
Döner kebab, de la viande grillée qui tourne.
Mais c'est bien plus que cela.
Allons voir Sami, le préféré de mes garçons.
Regardez-le découper de fines tranches de la broche tournante.
Jadis de l'agneau, aujourd'hui surtout du veau,
du bœuf ou de la dinde, parfois mélangé avec de la viande hachée.
Mais pas trop, sinon ce n'est plus un vrai döner.
Ensuite, il dépose la viande dans une tranche triangulaire,
délicatement toastée de pain pidé, une sorte de pain turc.
Il y ajoute moult légumes hachés, normalement proscrits chez la plupart des ados,
salades, tomates, concombres, oignons et surtout,
choux rouges.
A la fin d'un geste assuré, il asperge le tout d'une sauce yaourt aux herbes, ail ou piment.
3 Millions de Döner sont vendus chaque jour en Allemagne.
Ce best-seller a été inventé il y a tout juste 50 ans
par un des nombreux immigrés turcs arrivés en Allemagne dans les années 70.
Plusieurs candidats se battent pour la paternité, mais hélas, aucun n'a déposé le brevet.
Sinon, il serait milliardaire.
Rien qu'à Berlin, il y a 1 600 stands de Döner, 18 000 dans toute l'Allemagne.
Evidemment, ce délice existe aussi en France, mais avec quelques différences.
Déjà, la chose ne s'appelle pas seulement « döner » ou « kebab », mais « sandwich grec ».
Car en France, les premiers kebabs sont d'origine grecque,
appelés « gyros », et arrivaient dans les snacks du quartier latin également tenu par des Grecs.
Depuis, les kebabs ont colonisé toute la France,
11 000 stands à ce jour tenus par des Grecs,
des Turcs, des Arabes ou qui en a envie.
Ce qui est sûr, c'est que dans les quartiers délaissés de France ou d'Allemagne,
« döner » ou « kebab » sont souvent les derniers commerces qui restent.
Ensuite, le pain.
En général, c'est du pain pita, mais rond et pas toujours toasté.
Ou alors une baguette, ou même une crêpe.
Puis, en jeu crucial, la sauce.
En France, on la met en 1er.
Sauce blanche au yaourt, sauce samouraï,
sorte de mayonnaise rose épicée au piment,
ou encore la sauce algérienne, à la fois sucrée et piquante,
et qui, en fait, n'a absolument rien d'algérien.
Arrive ensuite salade tomate-oignon.
3 Mots prononcés comme un seul, pas de chou,
et bien sûr la viande, agneau, dinde,
veau, bœuf ou poulet, mais marinée.
Et enfin surtout, plein de frites.
Parfois directement dans le sandwich, soit 1000 calories pour 7 euros.
Depuis peu, le donneur allemand, avec son chou rouge et sa jolie sauce aseptisée, a passé le rein.
Basique, authentique ou plus gastronomique,
On le trouve de plus en plus à Paris,
dans des enseignes branchées qui adorent jouer la carte berlinoise.
Mes garçons n'en ont rien à faire.
Pour eux, le meilleur donneur se déguste toujours en Allemagne,
et moi, je ménage la chèvre et le chou,
comme on dit.
Le chou rouge, c'est certes excellent, et j'ai quand même un petit faible pour les frites.
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