法语助手
2025-03-05
Il mesure 19cm sur 11,5. On peut l'apercevoir à Hong Kong,
à Istanbul ou sur les plages de Thaïlande, et quand on le voit,
on peut être sûr qu'un Français est dans les parages.
Et oui! Vous avez reconnu « Le Routard », le guide touristique préféré des Français.
150 destinations et 55 millions d'exemplaires
vendus en 50 ans d'existence, un vrai phénomène éditorial.
En croire l'éditeur, il s'en vend un toutes les 8 secondes !
Un touriste français sans guide du « Routard »,
est plus rare qu'un touriste allemand sans Birkenstock !
L'histoire commence en 1970, en auto-stop,
à la porte de Charenton, à Paris. Philippe Gloaguen,
étudiant en école de commerce et voyageur passionné,
va en Inde par la route. Inspiré par un petit livre pour hippies fauchés,
« L'Europe à 5 dollars par jour », Gloaguen prend plein de notes
pendant son périple et propose un reportage
truffé de bons plans au magazine « Actuel »,
qui publie 6 pages et demie, intitulé : « Dernier arrêt, Krishna ».
L'idée d'écrire un guide touristique part de là.
Mais attention! Gloaguen et son co-auteur Michel Duval
ne veulent pas d'un énième guide pour retraités avec des descriptions
consacré aux monuments. Non. Ce sera un manuel pratique
pour jeunes routards, le terme routard inventé par Jean-François Bizot,
le directeur du journal,
qui désigne un baroudeur, un voyageur avec un sac à dos qui écume les routes.
« Route », « routard », ça tombe sous le sens.
Comme l'idée étant trop nouvelle, les éditeurs ni croient pas et la rejettent,
sauf la minuscule Maison Gedalge,
qui sort donc en 1973 le tout 1er « Guide du Routard »,
couvrant une vingtaine de pays sur 320 pages.
Le voilà ! Malheureusement, l'éditeur meurt l'année d'après
et il n'y a pas de 2e édition.
Mais comme le tourisme se démocratisant que les charters
rendent les voyages moins cher, que les Français osant peu en peu le voyage individuel
sans tour-opérateur et que l'idée de ce manuel
étant très bonne, les éditions Hachette reprennent le projet
en 1975 et ne le regretteront jamais.
Pourquoi ça marche ? Et bien « Le Routard » rassure. Il explique
ce qu'il faut emporter, par exemple un coussin gonflable pour dormir,
où dormir gratuitement, par exemple dans un temple indien
ou sur la plage,
où manger gratos, par exemple chez les Krishna,
et aussi comment résister au froid en s'enroulant dans des papiers journal
et en précisant : « Pour de plus amples informations,
contacter un clochard. » Très drôle !
Bref, sur un ton décontracté parfois, il parle au voyageur
comme à un copain. « Dans le 3e troquet à gauche,
le patron est sympa ! » L'accent est mis
sur le contact avec l'autochtone.
Pour la culture, il faudra repasser !
Le bouquin n'est pas très épais, sans photos, est assez léger,
car imprimé sur du papier basique, et son achat devient un réflexe
pour la plupart des Français, comme la crème antisolaire ou l'anti-moustique.
En 50 ans, la marque « Routard », avec ses multiples destinations,
sa cinquantaine de collaborateurs, son site Internet,
son magazine papier, ses produits dérivés,
ses fameuses plaques en émail fixées sur les établissements
qui doivent les racheter régulièrement,
c'est devenu un vaste empire dont Philippe Gloaguen est l'empereur :
il encaisse les droits de la marque « Routard ».
Alors forcément, son alter ego, le bonhomme aux cheveux longs des débuts
qui arpente des paysages étrangement identiques, s'est embourgeoisé lui aussi.
Il porte encore le monde sur le dos, au fur et à mesure, il a troqué
sa crinière, son gilet, sa moustache et ses grosses bottes
contre un look plus conventionnel, avec une montre au poignet
et une raie au milieu. Le guide est-il rentré dans le rang ?
Disons que le ton est devenu plus chiadé.
On y trouve quelques photos et quelques hôtels chics,
il y a des descriptions complètes des monuments...
Bref, sans perdre complètement son âme et ses valeurs,
« Le Routard » se rapproche aujourd'hui d'une clientèle moins fauchée
et des autres guides. Pourtant, les Français ne jurent cependant que par lui,
quitte à acheter 2 guides pour une seule destination.
Un Michelin ou un Géo pour les belles photos sur papier et la culture
et « Le Routard »
pour les bons plans et un peu par habitude.
Un conseil donc si vous voulez rencontrer
plein de Français lors de votre prochain voyage,
achetez « Le Routard ». Si vous voulez les éviter,
ne l'achetez surtout pas !
沙发还没有被抢走,赶紧过来坐会吧