锡歆
2015-07-16
CHAPITRE 1 un certain Don José.
Au début de l'automne 1830, je me trouve en Andalousie. pour faire des recherches archéologiques sur l'emplacement de Munda1.
Un jour, dans la plaine de Cachena, fatigué, mourant de soif et brûlé par le soleil, j'aperçois une petite pelouse verte qui annonce une source.
En effet, un ruisseau se perd dans la pelouse, il sort d'une gorge étroite de la sierra de Cabra. Après avoir fait une centaine de pas, je vois que la gorge s'ouvre sur un cirque naturel parfaitement ombragé.
L'endroit est très agréable et je décide de m'y reposer, mais je ne suis pas seul, un homme est déjà là, il semble dormir. Réveillé par le bruit des chevaux, il se lève. C'est un homme jeune, d'apparence robuste, de taille moyenne, au regard sombre et fier. Sa peau, par l'action du soleil, est plus foncée que ses cheveux. Je le salue d'un signe de tête familier et je lui demande. si j'ai troublé son sommeil[Munda : emplacement dans la Sierra Morena, en Andalousie. ]. Il me regarde sans me répondre. En le voyant, mon guide commence à pâlir [Pâlir : perdre la couleur. ]. Moi, je ne laisse voir aucune inquiétude, je vais au bord de la source et je bois, puis je m'étends sur l'herbe et je lui demande s'il fume :
—Oui, Monsieur, me répond-il.
Je remarque qu'il ne prononce pas ces mots à la manière andalouse, et j'en conclus que c'est un voyageur comme moi. Je lui offre le meilleur cigare qu'il me reste et il se met à fumer avec beaucoup de plaisir.
En Espagne, un cigare donné et reçu établit des relations d'hospitalité. et nous commençons à parler des lieux où nous nous trouvons.
L'endroit est si charmant que je décide de manger ici. et j'invite l'étranger à partager mon repas. Apparemment, il n'a pas mangé depuis longtemps : il dévore le jambon comme un loup affamé. Mon guide, lui, mange peu, boit encore moins et ne parle pas du tout.
Sur le point de partir, mon nouvel ami, Don José, me demande où je vais passer la nuit. Je lui réponds que je vais à la venta[La venta : une auberge. ] del Cuervo.
—Mauvais endroit pour une personne comme vous, Monsieur, si vous me permettez de vous accompagner, nous ferons route ensemble.
—Très volontiers.
Je connais assez le caractère espagnol. pour être sûr de n'avoir rien à craindre[Craindre : avoir peur. ] d'un homme. qui a mangé et fumé avec moi.
Nous arrivons à la venta, qui est vraiment misérable, mais curieusement le souper est très bon. On nous sert un coq avec du riz, du gazpacho [Le gazpacho : soupe froide préparée avec des tomates. ] et du vin de Montilla. Après le dîner, mon compagnon se fait donner une mandoline. et commence à chanter d'un air mélancolique et bizarre.
—Si je ne me trompe pas, l'air que vous venez de chanter est basque.
—Oui, répond-il d'un air sombre.
Peu après, nous nous souhaitons le bonsoir et nous allons dormir.
Au bout d'une heure, je me réveille et je me lève, persuadé qu'il vaut mieux passer le reste de la nuit. à la belle étoile [À la belle étoile : en plein air. ]. Don José, lui, dort profondément. Je m'installe dehors, sur un banc de bois, quand je vois passer devant moi l'ombre d'un homme et d'un cheval. C'est Antonio, mon guide. Je vais à sa rencontre.
—Où est-il ? me demande Antonio à voix basse.
—Dans l'auberge, il dort. Où allez-vous ?
—Parlez plus bas ! me dit Antonio. Vous ne savez pas qui est cet homme-là ? C'est José Navarro, le plus grand bandit de l'Andalousie. Toute la journée je vous ai fait des signes que vous ne vouliez pas comprendre !
—Bandit ou non, que m'importe ?
—Il y a deux cents ducats[Le ducat : ancienne monnaie d'or] pour qui le livrera. Je connais un poste de garde, près d'ici, et avant le jour, j'amènerai quelques soldats.
—Que le diable vous emporte ! Quel mal vous a fait ce pauvre homme pour le dénoncer ?
—Je suis un pauvre diable, Monsieur, et deux cents ducats ne sont pas à perdre ! Mais prenez garde, si le Navarro se réveille et prend son arme, gare à vous [Gare à vous : faites attention. ]
Antonio monte sur son cheval, et disparaît dans l'obscurité. . .
Je suis très irrité contre mon guide et plutôt inquiet. Après un instant de réflexion, je rentre dans l'auberge. Don José dort encore. Je suis obligé de le secouer rudement pour le réveiller.
—Monsieur, je vous demande pardon de vous réveiller, mais j'ai une question à vous poser : seriez-vous tranquille de voir arriver ici une demi-douzaine de soldats ?
Il se lève d'un coup et dit d'une voix terrible :
—Qui le dit ? Ah ! Votre guide ! Votre guide m'a trahi!
—Peu importe. Avez-vous oui ou non des motifs pour ne pas attendre les soldats ?
—Adieu, Monsieur. Je ne suis pas aussi mauvais que vous croyez. . .
—Tenez, voilà des cigares pour votre route. et promettez-moi de ne pas vouloir vous venger. Bon voyage !
Je lui tends la main, il la serre sans répondre. Quelques instants après, je l'entends galoper dans la campagne. Je me recouche mais je ne peux pas dormir. Je me demande si j'ai eu raison de sauver un voleur ou peut-être un assassin. lorsque je vois arriver Antonio avec six cavaliers. Je me dirige vers eux pour leur dire que le bandit s'est enfui depuis plus de deux heures.
Après ma rencontre avec Don José, je vais à Cordoue. pour étudier un manuscrit sur l'antique Munda. Le manuscrit se trouve à la bibliothèque du couvent des Dominicains, où je passe toutes mes journées. Le soir, je me promène dans la ville.
À Cordoue, il existe une étrange coutume : les femmes ont l'habitude de se baigner dans le Guadalquivir à la tombée de la nuit. Un soir, alors que je regarde le spectacle comme beaucoup d'autres hommes, une femme vient s'asseoir près de moi. Elle a un gros bouquet de jasmin dans les cheveux. Elle est habillée tout en noir, très simplement. La mantille [La mantille : écharpe de dentelle généralement noire, dont les Espagnoles se couvrent la tête et les épaulés. ] qui couvre sa tête tombe sur ses épaules et je peux voir qu'elle est petite, jeune, bien faite et qu'elle a de grands yeux. Nous commençons à parler, puis au bout d'un moment, je l'invite à prendre une glace. Elle accepte et me demande :
—De quel pays êtes-vous, Monsieur ?
—Je suis français, et vous, vous êtes de Cordoue ?
—Allons, allons, vous voyez bien que je suis bohémienne [La bohémienne : tzigane, gitane. ] !
Vous avez entendu parler de la Carmencita ? C'est moi.
Une bougie posée sur la table me permet d'examiner ma gitane. Elle n'est pas d'une beauté parfaite mais elle est infiniment plus jolie. que toutes les autres bohémiennes. Sa peau n'est pas très claire, mais uniformément cuivrée ses yeux sont légèrement obliques, ses lèvres un peu grosses mais bien dessinées. Ses cheveux sont longs, noirs et brillants et ses dents très blanches. C'est une beauté étrange et sauvage qu'on ne peut pas oublier.
Je décide de me faire dire la bonne aventure et lui propose de l'accompagner chez elle. Elle accepte et me demande l'heure. Elle observe avec attention ma montre et me dit :
—Elle est vraiment en or ?
Nous sortons et traversons la ville ; nous arrivons devant une maison très pauvre. Un enfant nous ouvre la porte, nous pénétrons. dans une chambre meublée d'une petite table, de deux tabourets et d'un coffre. La bohémienne sort du coffre des cartes puis elle me dit de faire une croix. dans ma main gauche avec une pièce de monnaie ; la cérémonie magique commence. . .
Mais tout à coup , la porte s'ouvre avec violence ; un homme, enveloppé dans un manteau, entre dans la chambre et interpelle brutalement la bohémienne. Je ne comprends pas ce qu'il dit. La gitane ne montre ni surprise ni colère, elle lui répond dans un langue mystérieuse. L'homme la repousse rudement et s'avan vers moi, puis il recule:
—Ah!Monsieur, c'est vous !
Je reconnais immédiatement mon ami Don José.
—Mademoiselle m'annonçait des choses bien intéressantes quand. . .
—Toujours la même ! Ça finira, dit-il entre ses dents.
Don José et la bohémienne continuent à se disputer, elle le regarde avec mépris.
Don José me prend le bras, ouvre la porte et me conduit dans la rue. Il me dit :
—Toujours tout droit et vous trouverez le pont.
Il s'en va rapidement.
Quand je reviens à l'auberge, je suis de très mauvaise humeur et, en plus, je m'aperçois que je n'ai plus ma montre.
Quelques mois plus tard, je reviens à Cordoue : un des pères Dominicains m'accueille avec surprise et soulagement :
—Dieu soit loué Vous n'êtes pas mort ! On vous a seulement volé !
—Comment cela ?
—Eh bien ! On a retrouvé votre belle montre et le voleur est en prison.
—Comment s'appelle-t-il ?
—On le connaît sous le nom de José Navarro mais il a aussi un autre nom basque. Ce n'est pas qu'un voleur, c'est aussi un dangereux assassin, il sera exécuté après-demain.
Je vais rendre visite au prisonnier et lui apporte un paquet de cigares. Le lendemain, je passe une partie de la journée avec lui : c'est là qu'il me raconte les tristes aventures de sa vie.
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