锡歆
2015-08-18
Apprendre à lire.
Emilie Caries, ancienne institutrice, vécut de 1900 à 1979.
Elle nous raconte ses souvenirs.
2 août 1914 !
Je venais d'avoir quatorze ans.
Entre-temps, j'avais grandi et, je peux le dire, j'avais grandi à l'école. . . , oui, je crois que je peux dire ça.
C'est ce qui a fait la différence entre mes frères, mes sœurs et moi.
J'aimais l'école, j'aimais l'étude, j'aimais lire, écrire, apprendre.
Dès que je suis allée à l'école, je me suis sentie chez moi. et c'est là que je me suis épanouie.
J'ai commencé à cinq ans.
C'était l'âge normal.
En ce temps-là. il n'y avait ni maternelle, ni rien, on entrait à cinq ans. et on en ressortait à quatorze ou quinze ans.
Les plus malins arrivaient à décrocher leur certificat, les autres devaient se contenter du fameux. « sait lire et écrire » que l'on met sur les papiers officiels.
C'est comme ça que ça se passait.
Ça m'a plu tout de suite, comment dire ? . . .
C'était comme si jusque-là j'avais été une éponge privée d'eau.
Est-ce que j'étais une enfant particulièrement douée ?
Je n'en sais rien.
Ce qui est sûr, c'est que j'avais des dispositions, dès que j'ai su lire, je me suis mise à dévorer les bouquins.
Tout y passait. . . il faut dire que dans un village comme le nôtre le choix était limité, mais j'avais toujours un livre dans les mains.
Je lisais partout où je me trouvais, en me levant, dans la cuisine et pendant les récréations.
J'avais un instituteur, ça le rendait malade de me voir lire. pendant que les autres enfants jouaient, ça le mettait dans tous ses états.
Il s'approchait de moi, il venait par-derrière. et il m'arrachait le livre des mains en disant.
« Allez, va jouer avec les autres, t'as bien le temps de lire plus tard. »
Moi je pleurais, je trépignais, je réclamais mon livre, il fallait que ce soit sa femme qui intervienne, elle était plus compréhensive, elle lui disait :
« Mais rends-lui donc son livre, elle ne fait de mal à personne »,
et moi je lui disais : « Vous savez bien que je ne peux pas lire chez moi, il y a trop de choses à faire, il n'y a qu'ici que je suis tranquille. »
Finalement il me le rendait. et je me replongeais dans la lecture.
Je lisais tout ce qui me tombait sous la main.
Oh ! Ce n'était pas bien méchant !
Jacquou le croquant, La Mare au diable et d'autres livres du même genre.
Il y avait un autre endroit où j'aimais bien lire, c'était l'étable.
J'allais tenir compagnie à ma sœur Catherine. pendant qu'elle s'occupait des vaches et je lui faisais la lecture. . .
Les nuits où elle veillait en attendant que la vache mette bas, je restais avec elle.
Pendant qu'elle tricotait, assise sur un tabouret, je lui lisais des chapitres entiers, des histoires ou des contes.
Elle aimait ça et moi j'étais aux anges.
Je garde de ces années un souvenir extraordinaire, malgré les corvées, malgré la fatigue.
Je ne pouvais pas m'ennuyer ou trouver le temps long.
Quand je me couchais, j'avais le corps brisé mais la tête pleine d'images. et je m'endormais en me racontant des histoires. ou en faisant des projets d'avenir.
Le lendemain, je repartais fraîche et dispose.
Les lectures les seaux d'eau glacée, les ordures de l'étable, la sensation de grandir. et d'apprendre chaque jour davantage, ces années-là me restent comme le souvenir. d'un grand gâteau dans lequel il suffisait de mordre.
Il était inépuisable.
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锡歆
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