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2024-12-08
15 avril 2019.
Notre-Dame de Paris brûle.
Le monde entier regarde la flèche,
la charpente et le toit disparaître.
C'est un désastre, mais il aurait pu être bien plus dramatique.
L'ensemble du bâtiment aurait pu s'écrouler.
Et pourtant, les murs ont tenu.
La cathédrale est toujours debout.
Pour comprendre ce miracle, Le Monde a reconstitué le déroulé
des événements du début de l'incendie jusqu'à la fin.
Notre visualisation 3D inédite dévoile qu'on est passé à quelques minutes
seulement d'une destruction complète et elle permet d'identifier la décision
qui a tout changé.
Lundi 15 avril 2019, la flèche de Notre-Dame est en rénovation.
À 18h18, alors que la messe a commencé, le poste de sécurité
reçoit une alerte des détecteurs de fumée.
Il faut près de 30 minutes au gardien pour localiser le feu.
Lorsqu'il le découvre en haut de l'escalier qui mène aux combles,
la situation est déjà hors de contrôle.
À 18h51, les pompiers sont alertés et la cathédrale évacuée.
Dès son arrivée 7 minutes plus tard, la brigade des sapeurs-pompiers
de Paris s'organise et il faut aller très vite.
La charpente est entièrement en bois très sec.
Des milliers de poteaux en chêne, vieux de 800 ans,
qui entretiennent un brasier particulièrement chaud.
Le problème, c'est que les pompiers ne peuvent pas l'arroser
de l'extérieur car le toit en plomb
empêche l'eau de passer.
Ils doivent lutter contre l'incendie par l'intérieur.
Il faut donc apporter de l'eau directement dans les combles.
Et ça, ça pose plusieurs problèmes.
Déjà autour de la cathédrale, les rues sont étroites.
Seule la rue du Cloître, le parvis et l'entrée du presbytère
sont accessibles aux camions-pompes.
Ces engins peuvent se connecter au réseau d'eau
de la ville pour en envoyer sous pression dans des tuyaux.
Sauf que les points d'eau proches de la cathédrale sont peu nombreux
et ce sont des canalisations datant du début du XXᵉ siècle
qui délivrent un faible débit.
Ensuite, les camions sont reliés aux colonnes sèches,
des tubes qui permettent d'amener l'eau jusque
dans les étages supérieurs.
Sauf que la cathédrale n'en possède que
3, dont une qui fuit.
Et pour accéder à la charpente, il n'y a que 4 escaliers en colimaçon.
Ils sont très étroits et sans ouvertures,
ce qui complique le transport des lances à incendie et du matériel de protection.
Résultat : les pompiers n'arrivent pas à acheminer assez d'eau
au niveau de la charpente pour maîtriser l'incendie.
Très vite, le feu prend de l'ampleur.
Les plaques en plomb de la toiture commencent à fondre
et le feu devient accessible depuis l'extérieur.
Il est 19h30.
Les équipes se repositionnent entre les 2 tours
et sur les chemins de garde.
La toiture a quasiment disparu, mais la charpente et le plancher des combles
continuent d'alimenter le brasier.
Quand soudain, la flèche tombe.
Dans sa chute, elle crée un grand trou dans les voûtes en pierre de la nef.
Cela fragilise toute la structure de la cathédrale.
Le reste de la voûte, les murs, les transepts peuvent
s'effondrer à tout moment.
Les pompiers doivent évacuer le bâtiment.
À l'intérieur, ils sont remplacés par un robot lanceur d'eau
qui lutte contre les départs de feu créés par les braises
qui tombent au sol.
Il arrose aussi la voûte pour la refroidir.
À l'extérieur, un premier bras élévateur aérien
est installé rue du Cloître à 20h.
Un second s'installe sur le côté du parvis, proche de la Seine.
Mais leur nacelle ne peut monter qu'à 32m. C'est bien plus bas
que le toit de Notre-Dame.
Un premier bateau-pompe vient augmenter la quantité d'eau disponible
en puisant dans la Seine, mais il n'est pas assez puissant
pour alimenter la lance du bras élévateur le plus proche.
À 20h10, un bateau-pompe de grande puissance vient compléter les ressources en eau.
Il se positionne ici pour alimenter le bras élévateur
et les lances utilisés au sud de la cathédrale.
20h41, le soleil se couche.
À 21h, un bras élévateur plus grand, haut de 45m,
arrive enfin en renfort et se positionne rue du Cloître.
Le feu semble ralentir, mais vers 21h05, de la fumée
s'échappe de la tour nord.
Un plancher a pris feu à l'intérieur.
Et là, tout s'accélère.
Il faut prendre une décision qui peut tout changer.
La tour nord abrite une immense structure en bois
qui soutient 8 cloches.
Si elle brûle, ce sont 16 tonnes de métal
qui menacent de tomber à travers les étages.
Dans l'autre tour, le risque est le même.
Les 2 énormes cloches pèsent 19 tonnes.
Si elles descendent, elles font chuter les tours.
Or, si les tours tombent, la façade tombe
et emporte avec elle tout le reste du bâtiment.
L'effondrement de Notre-Dame est en jeu
et il y a une difficulté supplémentaire.
Sur les ouvertures, de grands volets de bois
empêchent les lances à incendie d'atteindre les flammes à l'intérieur.
C'est à ce moment-là que les pompiers prennent la décision
qui va tout changer.
Ils renoncent à sauver ce qu'il reste de charpente
pour positionner un maximum d'engins au niveau des beffrois.
21h30.
Un commando est formé et s'engage dans l'escalier
en colimaçon du beffroi sud.
Une partie du matériel est apportée par un bras élévateur
positionné face aux tours.
2 groupes s'installent sur la passerelle entre les 2 tours
et déroulent 2 tuyaux pour acheminer l'eau
sans passer par la colonne sèche qui fuit.
Ils commencent à arroser la toiture depuis la passerelle.
Le but : contenir la chaleur du côté de la nef
et repousser le feu loin des tours.
Et ça marche.
En 15 minutes, les flammes faiblissent et le front du feu
est repoussé de la façade.
Mais il faut encore sauver la tour nord.
Un troisième groupe grimpe dans la structure en bois,
rongée par des flammes de plus de 10m de haut.
Malgré les fumées et le plancher en flammes,
les pompiers parviennent à maîtriser l'incendie en moins d'une heure.
À 22h45, la bonne nouvelle est annoncée.
Les beffrois sont sauvés.
Notre-Dame restera debout.
Mais ce n'est pas terminé.
Il faut maintenant éteindre le feu de la toiture pour de bon.
Une lutte acharnée qui va encore durer toute la nuit.
À 2h01, le feu est éteint, mais une partie de la voûte
cède autour du trou fait par la flèche.
Notre-Dame a perdu son toit et sa flèche, une partie de son mobilier,
mais les tours, la façade et la structure du bâtiment ont résisté.
Le pire a été évité.
Le 7 décembre 2024, la cathédrale rouvre ses portes
après 5 ans de travaux pour la reconstruire à l'identique ou presque.
De nouveaux dispositifs anti-incendie ont été installés dans toute la charpente.
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