法语助手
2025-03-19
Il est la première victime recensée de Notre Dame de Bétharram.
1956, Jean Marie a 10 ans, orphelin,
il rentre au pensionnat de cet établissement catholique près de Pau.
Pendant 6 ans, il raconte avoir subi,
dans les dortoirs, agression sexuelle et viol par un religieux.
C'est toutes les nuits, toutes les nuits où il était,
il venait, sous temps ouverte, il nous faisait des fellations.
Jean Marie finira par dénoncer l'homme à la direction,
qui va chercher à le faire taire, il sera menacé d'exclusion,
interné en hôpital psychiatrique, sa grandmère qui l'élève finira par subir des pressions à son tour.
Arrivent 4 curés et ils disent à ma pauvre grandmère:
si cette affaire a des suites, on vous fera saisir vos biens.
Son agresseur ne sera jamais inquiété.
Jean Marie n'est pas la seule victime à avoir été abusée,
derrière les murs de cet établissement,
réputé pour discipliner les enfants les plus turbulents.
Il y a un an, nous avions rencontré Alain,
ancien élève, qui s'était donné la mission de recueillir le récit des victimes.
Depuis, le dossier n'a cessé de s'étoffer,
112 plaintes déposées, 14 personnes dont 10 religieux accusés,
sur une période allant de 1960 à 2018.
Sur ces 112 plaintes, il y en a à peu près la moitié pour des violences sexuelles.
C'est une évidence que les services de l'État ont dysfonctionné complètement sur l'établissement de Bétharram.
Pourquoi, j'en sais trop rien,
c'est parce que je pense qu'il y a une omerta locale.
Au fil des années, des alertes ont pourtant été lancées.
En 1996, un surveillant est condamné pour avoir giflé un élève,
lui faisant perdre 40% de son ouïe.
En 1998, c'est le père directeur de l'établissement qui est accusé de viol,
mis en examen et placé en détention par Christian Mirande,
juge d'instruction en charge du dossier.
Il a fait appel et contre toute attente,
je dis bien contre toute attente, il a été remis en liberté.
J'ai été choqué et très étonné parce que dans des affaires similaires,
les demandes de mise en liberté étaient systématiquement refusées.
À cette période, le juge raconte avoir reçu la visite de François Bayrou,
qui vient de quitter le ministère de l'éducation nationale et préside le département.
L'un de ses enfants est alors scolarisé à Notre Dame de Bétharram.
Il était vraiment inquiet, vu le battage qui était fait déjà dans les médias à l'époque,
il voulait savoir ce qui se passait et s'il y avait un problème,
un danger de laisser son enfant dans la boîte,
voilà.
Lorsqu'il est accusé de viol par un deuxième élève, le religieux se suicidera.
L'enquête s'arrête là.
D'autres plaintes seront déposées les années suivantes, d'autres signalements faits.
Malgré toutes les alertes,
le ministère de l'éducation nationale indique ce soir n'avoir trouvé aucune trace d'un contrôle de l'établissement
et demande au rectorat d'en réaliser un dès que possible.
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