法语助手
2025-03-17
150 litres.
C'est la quantité d'eau potable
journalière que consomme chaque Français.
Ça fait 10,2 milliards de litres par jour
en France.
Mais alors, d'où vient l'eau potable ?
Comment on arrive à en produire autant ?
Et surtout comment on s'assure
qu'elle est propre à la consommation ?
Pour répondre à ces questions,
on est allé en usine de traitement,
sur des aqueducs
dans des champs de forage
et on a même fait tester notre eau.
Donc là,
partout en dessous de tout ce qu'on voit,
il y a de l'eau.
C'est ça !
Une eau quand elle arrive au robinet du consommateur,
elle a pu être contrôlée dix fois.
Dans ce nouvel épisode de C'est Technique,
on suit le cours de l'eau du robinet à la source.
Ici, on est au début du trajet de l'eau potable
à 120 kilomètres de Paris, à la source du Breuil.
Comme on le voit, elle est toujours transparente,
très limpide.
Et là, on ne se baigne pas parce que cette eau,
elle va finir dans notre robinet.
Et je pense que vous n'avez pas envie
que je me baigne dans l'eau que vous allez boire.
Et même si l'eau paraît potable,
elle ne l'est pas encore.
Étape 1 : La source.
En France, on va chercher l'eau à deux endroits différents :
les nappes phréatiques à 68 %
et les eaux de surface à 32 %.
En tout, il y a 645 nappes phréatiques
sur le territoire français.
Chacune de ces masses d'eau souterraines compte
plusieurs sources qui produisent chacune
des milliers de mètres cubes au quotidien.
Celle là, elle fait 10 000 mètres cubes jour.
Ça veut dire à peu près 120 litres à la seconde.
Mais est ce que cette ressource est inépuisable ?
La réponse, elle se trouve dans le cycle de l'eau.
Et vu que ça doit dater de la primaire
pour la plupart d'entre nous,
petit rappel très rapide.
L'eau des mers et des océans
s'évapore tous les jours avec la chaleur.
Elle forme des nuages.
Ils sont poussés par le vent dans les terres
et produisent de la neige ou de la pluie.
Cette eau rejoint les eaux de surface ou s'enfonce
dans une nappe phréatique pour ensuite ressortir
sous forme de source et ruisseler
jusqu'à la mer.
Ça veut dire que l'eau, notre ressource la plus vitale
en compagnie de l'oxygène, est illimitée,
mais bien souvent, pour aller la chercher,
il faut aussi creuser.
Juste derrière moi, il y a une dizaine de forages,
donc ça s'appelle un champ captant
et c'est une des deux façons
de faire venir l'eau dans l'aqueduc.
Au même endroit que la source, le forage.
Il faut assurer l'approvisionnement.
Alors on creuse dans la nappe phréatique
pour y mettre des pompes.
Donc là, le niveau d'eau, il est là.
Et après vous avez le puits qui est tout en bas.
Ce forage à une profondeur de 20 mètres,
ce qui est suffisant pour toucher le fond
de la nappe phréatique et ainsi capter toute l'eau
nécessaire à notre consommation.
Deuxième rappel de primaire,
c'est quoi une nappe phréatique ?
C'est une couche minérale dans le sol,
proche de la surface, qui laisse passer l'eau
et la stocke dans ses fissures.
Quand il pleut, elle se remplit comme une éponge
et elle se vide de manière naturelle avec une source
ou de façon artificielle à l'aide d'un forage.
Une nappe phréatique, c'est naturel,
donc c'est de l'eau qui arrive,
qui est là depuis longtemps.
Ici, si vous regardez bien,
vous êtes dans un creux de vallée,
donc toutes les eaux qui arrivent de l'extérieur
vont ruisseler de façon naturelle
et arriver ici.
Maintenant, il faut l'acheminer jusqu'aux
usines de traitement.
Étape 2 : Le transport.
102 kilomètres,
c'est la longueur de l'aqueduc de l'Avre
sur lequel je me trouve.
Des ouvrages comme celui ci sont nombreux
et nécessaires pour transporter une eau
qui prend parfois sa source à des centaines
de kilomètres de sa destination.
Faut se rendre compte.
En France, le réseau d'eau potable mesure
910 000 kilomètres de long.
L'aqueduc de l'Avre en fait bien sûr partie.
Et pour être plus précis, il appartient à l'énorme
système d'approvisionnement de Paris Intra-muros,
géré par la régie "Eau de Paris".
Il est composé de quatre aqueducs :
celui de la Vanne,
celui de la Voulzie,
celui du Loing
et enfin celui de l'Avre.
Ils vont acheminer l'eau de nappes phréatiques
situées à plus de 100 kilomètres de la capitale.
Il est alimenté par huit sources et seize forages.
On est sur une moyenne
de 70 000 mètres cubes par jour.
Soit environ 1,4 fois
le volume de l'Arc de Triomphe.
Et pour transporter cette énorme quantité d'eau,
la gravité suffit.
Entre le point d'entrée et le point de sortie,
il y a 39 mètres de dénivelé.
On ne le ressent pas du tout
en étant sur l'aqueduc,
mais là, on est en pente.
Elle est très légère la pente,
mais elle est suffisante.
Et ce réseau, faut bien l'entretenir.
Alors pour ça, on coupe les vannes
afin de le rendre praticable.
En général, il est arrêté à peu près
tous les 2 à 4 ans.
Et ce qu'on a derrière, là, ce qu'on appelle nous,
un regard rond, c'est un regard d'accès
et les personnes vont pouvoir rentrer
à l'intérieur de l'aqueduc.
Et on a eu la chance
de pouvoir rentrer à l'intérieur.
Les agents déblayent les racines
et colmatent les fissures.
L'eau est ainsi transportée en sécurité.
Mais rappelez vous, ces eaux souterraines
ne sont pas encore potables
et les aqueducs ont pu légèrement
dégrader leur qualité.
Elles arrivent donc à la troisième étape,
les usines de traitement d'eau.
L'eau de la source du Breuil va ruisseler
dans l'aqueduc de l'Avre jusqu'à l'usine
de Saint-Cloud dans laquelle nous sommes.
Elle traite uniquement les eaux souterraines.
L'usine de Saint-Cloud,
elle produit 100 000 mètres cubes jour.
Aujourd'hui, ça représente en gros un cinquième
de la distribution d'eau sur Paris.
Ici, le traitement se décompose en trois étapes.
La première, l'eau passe au charbon actif.
Les molécules des polluants chimiques
sont attirées par le charbon comme un aimant.
Elles restent donc au fond du bassin avec lui.
Il va venir éliminer
tout ce qui est produits phytosanitaires,
donc les pesticides,
et une partie des matières organiques.
Mais de nombreuses microparticules
peuvent passer à travers.
D'où la nécessité d'un deuxième traitement.
Ça, c'est un module d'ultrafiltration.
Tous les petits points que vous voyez,
ce sont des fibres.
On aperçoit les petits trous.
Et l'eau, elle vient passer à l'intérieur de la fibre.
L'eau passe par l'ultrafiltration membranaire,
des sortes de mini-spaghettis dotés de trous
de 0,01 micromètres de diamètre.
Il bloque tout le reste des micro-organismes
et des microparticules.
Il ne laisse passer qu'une eau pure et filtrée.
Donc là, on a 48 modules par bloc,
soit 864 modules au total.
Après l'ultrafiltration, l'eau est pure et potable,
mais elle passe quand même
par une étape supplémentaire :
la chloration.
L'eau est chlorée très légèrement afin d'éviter
l'apparition de futures bactéries
dans le réseau de distribution.
Alors tranquille, je vous rassure,
on n'est pas dans une piscine.
On va avoir un taux de chlore minimum
qui est de l'ordre du milligramme par litre.
Même 0,2 ou 0,3 milligrammes par litre.
Donc c'est vraiment très peu.
Les étapes de potabilisation sont
adaptées à la qualité de l'eau qui arrive.
Pour les usines d'eaux souterraines,
ce processus suffit,
pour les eaux de surface,
en général plus polluées,
comme celles de la Seine ou de la Marne,
il y a des étapes de filtration supplémentaires
avec des granules de plus en plus fines.
À chaque étape, l'eau est débarrassée de plus en plus
de pollution et de saletés.
Ok, donc là je lis :
"eau ultra filtrée" sur ce tuyau là.
Qu'est ce que ça veut dire ?
Ici, c'est la sortie de l'usine,
donc l'eau a été traitée, elle est potable
et donc elle va être acheminée
vers les différents compartiments du réservoir.
Quatrième étape : Le stockage.
Eh oui, après le traitement,
l'eau potable n'arrive pas directement
dans notre robinet.
Elle est d'abord stockée pour deux raisons.
Avoir des réserves en cas de défaillance,
histoire d'avoir le temps de réparer les installations
avant qu'on meure tous de soif
et assurer la distribution lors des pics de consommation,
généralement en soirée.
Et on ne parle pas que de l'eau que vous allez boire.
Ça concerne aussi celle de votre douche,
la chasse d'eau et même le lave-linge
et le lave vaisselle.
En bref, toute l'eau qui arrive chez vous
est potable.
Et à Paris,
elle est en partie stockée ici.
Donc là, partout en dessous de la pelouse,
là de tout ce qu'on voit, il y a de l'eau.
Il y a de l'eau, c'est ça.
On a 350 000 mètres cubes de stockage.
C'est l'un des réservoirs les plus grands de France.
On a environ trois jours et demi de stockage
qui nous assurent une grosse sécurité au niveau
de la distribution d'eau potable.
Au même niveau que le stockage,
les contrôles.
Là, qu'est ce que vous êtes en train de faire ?
Je fais les prélèvements en sortie des membranes
d'ultrafiltration membranaire
avant chloration.
Donc c'est l'eau traitée de l'usine.
L'eau potable est le produit alimentaire
le plus contrôlé de France avec en 2023
plus de 17,3 millions d'analyses,
ce qui est énorme comparé à la viande
et aux crustacés, par exemple.
Pourtant, les alertes sur la qualité de l'eau potable
se sont multipliées ces dernières années.
Polluants éternels,
nitrates, arsenic, perchlorates.
Mais alors comment ces polluants
passent parfois entre les gouttes ?
Pour comprendre,
on a fait tester notre propre eau
auprès d'un laboratoire indépendant.
Bon, globalement, c'est pas mal,
mais on voit quand même qu'on a des nitrates,
des substances cancérigènes.
Attends, attends, attends,
mais c'est plus que la limite autorisée ?
Comme on peut le voir sur les résultats :
nos taux sont en dessous des seuils maximum
dans toutes les catégories,
mais ce type de contrôle
est moins complet
que ceux des grands laboratoires
comme celui d'Eau de Paris.
On a suivi l'échantillon de Saint-Cloud,
histoire de voir comment on s'assure de la potabilité
de ce qu'on consomme.
Donc on va tester la présence de coliformes
et d'entérocoques intestinaux.
Sur ce prélèvement là,
le technicien de laboratoire va tester
la présence de bactéries grâce à des membranes
qui les retiennent et les font ressortir.
Donc suite à la filtration,
on va venir incuber nos analyses
pendant 48 h à 36 degrés.
Et ça, ça n'est qu'un des nombreux types
de tests conduits dans cet immense laboratoire.
Ils se divisent en grandes catégories.
Celui-ci est un test bactériologique.
Il détecte des bactéries comme la E. coli
et d'autres indicateurs de contamination fécale.
Il y a aussi des tests de chimie minérale
qui étudient la composition minérale de l'eau
et détecte certaines formes de pollution.
Et enfin les tests de chimie organique
censés détecter les micropolluants.
Ici, c'est plus de 1 500 analyses
qui sont menées chaque jour.
On va à peu près sortir
400 000 résultats d'analyses
par an sur nos eaux.
Et, en général, on dit que une eau,
quand elle arrive au robinet du consommateur,
elle a pu être contrôlée dix fois.
En tout, c'est plus de 70 paramètres réglementés
comme le Ph, le fer ou les pesticides
qui sont analysés dans ce laboratoire
d'Ivry sur Seine.
Mais alors, comment des paramètres
comme les PFAS, des micropolluants éternels,
passent parfois entre les mailles du filet
et viennent contaminer l'eau du robinet ?
La principale réponse se trouve dans les normes.
En fait, les laboratoires basent leurs analyses
sur la réglementation européenne.
Et jusqu'en 2020,
les PFAS n'en faisaient tout simplement pas partie.
La réglementation, elle, a évolué à la suite
de la dernière directive européenne.
Les agences régionales de santé,
au plus tard le 1ᵉʳ janvier 2026,
doivent contrôler 20 PFAS partout en France.
Et ces fameux PFAS qui intéressent tout le monde,
à Eau de Paris,
ils sont contrôlés par cette machine.
Et coïncidence, le jour du tournage,
une loi sur les PFAS a été adoptée
à l'Assemblée nationale.
La deuxième mesure du texte prévoit de contrôler
la présence de PFAS dans l'eau potable
pour une liste de substances
plus large que celle prévue par le droit européen.
Les contrôles, en plus de se multiplier
deviennent de plus en plus complets.
Je pense que les laboratoires d'analyses
dans le domaine des eaux potables ont fait
des progrès immenses.
Et en fait, aujourd'hui,
on sait analyser de plus en plus de paramètres,
ce qui fait qu'on retrouve aussi
de plus en plus de choses.
En cas de problème grave détecté sur la qualité d'un
échantillon d'eau potable,
on coupe les vannes et l'approvisionnement
est assuré par les autres sources du réseau.
Étape finale : le robinet.
0,00452 €,
c'est le prix moyen du litre d'eau potable
qui sort de votre robinet tous les jours.
C'est en moyenne 50 fois moins cher
que l'eau en bouteille.
Pourtant, il inclut tout ce qu'on a vu :
la production, le contrôle, le transport, la distribution
et l'assainissement.
Une chance quand on sait que plus de 2,1 milliards
de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau
potable dans le monde.
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